30 novembre 2006

Sida : où sont les candidatEs ?

A la veille de la Journée mondiale contre le sida, la traditionnelle manifestation de solidarité et d'interpellation organisée par ACT UP s'est déroulée ce soir entre la place de la Bastille et le musée Georges Pompidou. Le mot d'ordre choisi cette année était Sida : où sont les candidatEs ?



Voici quelques photos de cet événement.







29 novembre 2006

Quand on se fout du sida


A l'occasion de la Journée mondiale contre le sida, ce 1er décembre, Sida Info Service a réalisé un dossier sur "20 ans d'actions des femmes en politique dans la lutte contre le sida". Michèle Barzach, Corinne Lepage, Elisabeth Guigou, Françoise de Panafieu, Martine Aubry et beaucoup d'autres femmes politiques de droite et de gauche, ont répondu à une interview consacrée à la mémoire du sida et aux perspectives de lutte contre l'épidémie alors que celle-ci poursuit sa progression notamment chez les gays. Toutes ces interviews ont leur intérêt. Toutes sauf une. Ou plutôt cette "interview" mérite qu'on s'y arrête tant elle montre le mépris que certains politiques peuvent avoir pour la question du sida. Valérie Pécresse, pour ne pas la nommer, députée des Yvelines et porte-parole de l'UMP, a envoyé à Sida Info Service des réponses... succintes. Je vous laisse découvrir sur le site de SIS, en cliquant sur le titre de cette chronique, la richesse intellectuelle et la force argumentaire de cette femme, qui ne manqueront pas de rester dans l'histoire du sida. Si le mot honte trouve aujourd'hui un visage, c'est bien celui de Valérie Pécresse.

25 novembre 2006

Soleil rémois

Je ne devrais pas être à Paris ce ouikend mais en Normandie. Vous l'aurez compris, la SNCF est en grève, en tout cas sur la ligne Paris-Granville, et j'ai dû une nouvelle fois annuler mon voyage. Parfois je me demande si le fourre-tout que constitue ce blog ne devrait pas plutôt se recentrer sur les désagréments que procure quasi quotidiennement cette ligne maudite. J'aurais tous les jours de quoi alimenter mes chroniques ! Je devrais y réfléchir alors que Croisements – Le blog d'AP3M viens de franchir les six mois d'existence. Je m'en suis aperçu tout à l'heure et j'en suis assez fier car il est rare que je tienne un projet aussi longtemps.
La première journée de ce ouikend parisien imprévu m'a permis de me reposer des deux derniers jours passés à Reims pour un colloque sur les hépatites. Un colloque, ce n'est pas éprouvant physiquement puisqu'on est assis toute la journée mais il l'est psychiquement. Entendre des discours pendant des heures, prendre des notes, fixer son attention sur un sujet pointu, essayer de comprendre l'intervention de tel ou tel particulièrement mal fagotée, ça use ! Enfin je ne voudrais pas donner l'impression de me plaindre tant ma présence à ces colloques me ravit. Elle me ravit avant tout parce qu'ils permettent de rencontrer des militants associatifs pertinents et combattifs, qui ne se laissent pas compter par les instances officielles. Si l'Etat ne fait pas son boulot, les militants sont là pour le rappeler à l'ordre. C'est essentiel et admirable.
Hier matin, en quittant l'hôtel pour assister à la dernière journée du colloque, je me suis arrêté pour assister au lever du soleil. Heureusement, j'avais mon appareil photo avec moi. Ca me fera là encore un très beau souvenir.

21 novembre 2006

Place des Mythos

Place des Mythos, c’est une pièce de théâtre sur la rumeur et l’homophobie. Je l’ai vue hier soir et j’en suis ressorti fou de bonheur car c'est un spectacle de très grande qualité. Sur scène, une quinzaine de jeunes, garçons et filles. Voici ce qu'ils disent de leur travail :

"Nous le disons dans un spectacle qui fait partie d’un projet culturel qui existe depuis dix ans, qui a mis en place des ateliers artistiques : théâtre, danse hip-hop, musique, chant, percussions... que remplissent les jeunes des quartiers dits « sensibles ». Depuis dix ans, nous montons des comédies musicales sur des sujets qui ont une résonnance dans notre vécu, dans celui de nos potes et même de nos parents : les violences sous toutes leurs formes : sociales, familiales, culturelles ou religieuses.

Sur le plateau il y a : des Noirs, des Blancs, des Arabes, des gars, des filles, des handicapés, des valides, des musulmans, des chrétiens, des juifs... des Français, quoi. Un auteur, un chorégraphe, un compositeur travaillent pour nous et avec nous. Les institutions, tant bien que mal, nous soutiennent : la préfecture de l’Essonne, le FASILD, le ministère de la Justice, la DRAC Ile-de-France, le conseil général de l’Essonne et notre plus fidèle partenaire : la ville de Ris-Orangis. (Ce n’est pas rien tout ça).

Cette année, nous avons choisi de parler de ce qui nous pourrit la vie : la rumeur et l’homophobie.

Venez nous voir et on pourra vous expliquer pourquoi l’éducation vaut mieux que la répression ; que cette pauvre action culturelle à deux balles a détourné des centaines d’entre nous du « mauvais choix », a modifié nos comportements ou simplement sauvé certains d’entre nous d’une histoire familiale abrutissante. N’ayez pas peur, venez, en plus c'est à Paris (et nous on en rêvait !), voir par vous-même ; c’est bien mieux que la télé."

Place des Mythos a été jouée dimanche et lundi. Une prochaine représentation devrait avoir lieu le 13 janvier 2007. J'espère qu'il y en aura beaucoup d'autres ! Pour se renseigner, il suffit d'appeler l'un de ces numéros : 01 69 02 13 27 ou 01 69 02 13 29.

19 novembre 2006

La culture, ça tue !

Persévérer permet souvent de trouver son bonheur. Cette maxime dont je ne sais si elle se vérifie dans d'autres occasions fait assurément tilt avec le FFGLP. J'ai vu cet après-midi Loggerheads de l'Américain Tim Kirman, un beau film sur le destin de trois personnages liés à un quatrième, Mark. Je n'en dirai pas plus sur ce film qui sortira en salle début 2007. Je souhaitais juste, en écho à ma chronique d'hier, signaler que le Festival m'a encore apporté cette année une belle satisfaction cinématographique.
Poursuivant mon ouikend culturel, j'ai rejoint le Vingtième Théâtre pour assister à la représentation de Torch Song Trilogy, une pièce gaie écrite dans les années 1970. Spectacle à voir pour les sujets abordés : amour, homophobie, adoption par les gays (comme quoi ce n'est pas nouveau !), etc.
Ce soir, je suis crevé et je n'ai pas le courage de faire une longue chronique. Si vous êtes plus courageux que moi, n'hésitez pas à laisser vos commentaires sur ce Blog !

18 novembre 2006

FFGLP et Fête des transports

Je prévoyais de faire une petite chronique amicale sur le Festival de films gays et lesbiens de Paris qui se déroule du 14 au 21 novembre au Rex. Seulement ni la Nuit Canal + jeudi, ni les Courts côté garçons hier soir ne m'ont emballé. Ne souhaitant pas jeter la pierre à une équipe qui se démène depuis tant d'années pour faire vivre ce festival, je préfère en rester là. Et puis après tout, je suis peut-être mal tombé, et le reste de la programmation mérite sans doute le détour.
Cet après-midi, je me suis lancé sans le prévoir dans une phénoménale promenade dans Paris. Rive gauche, rive droite, un nombre incroyable de petites rues arpentées.
Arrivé place de la Concorde, j'ai découvert une manifestation sympathique organisée sur le thème des transports. La Fête des transports, aviez-vous connaissance de cela ?! Je me suis arrêté et en ai profité pour prendre quelques photos surprenantes comme celle d'une Ariane 5 en plein Paris,

ou celle de La Jamais Contente, une drôle de petite voiture électrique pilotée par Camille Jenatzy, détenteur belge "du record du monde 1899 par 105 km à l'heure avec accumulateurs Fulmen".

C'est la première fois qu'une automobile franchissait la barre des 100 km/h.Un exploit pour l'époque.

16 novembre 2006

Pom Pom Girl



J'ai repris le travail. Rien d'autre à signaler.

15 novembre 2006

Une conscience disparaît puis renaît

Cette nouvelle publication prouve que je suis toujours là, en pleine forme...
Ce matin, je suis arrivé à la clinique vers 9 h 15 où j'ai été immédiatement pris en charge par une infirmière avenante. Elle a vérifié mon identité, m'a administré un tranquillisant puis m'a conduit dans un box individuel. J'ai été agréablement surpris car en 2001, venu dans cette même clinique pour subir un examen identique, je m'étais retrouvé dans une chambre avec trois ou quatre autres personnes. Cette promiscuité imposée m'avait déplu car je préfère choisir les garçons qui partagent ma chambre...
"Déshabillez-vous entièrement, me dit l'infirmière, enfilez cette chemise, ce bonnet et ces chaussons et vous attendrez qu'on vienne vous chercher." Le ton jovial pris pour me réciter cette formule sans doute répétée des dizaines de fois me convainc que j'étais dans de bonnes mains.
Assis, presque lové dans le creux d'un robuste fauteuil électrique, j'ai attendu mon tour dans un état de douce somnolence parfois troublée par de curieux grognements humains venus de ma gauche. Ces ronflements disparurent assez vite car mon voisin fut bientôt emmené au bloc opératoire. Je pus ainsi profiter tranquillement de mon cher petit domaine hospitalier.
Vers 11 h 30, ce fut mon tour. Un homme à l'accent d'Europe de l'Est prononcé ouvrit le rideau me séparant du monde extérieur et m'emporta dans mon fauteuil devenu lit vers le bloc.
Je me souviens avoir parlé quelques instants avec l'anesthésiste. Je me souviens lui avoir dit que j'acceptais finalement d'être endormi. Je me souviens ensuite d'un masque à oxygène posé sur mon nez. Puis je me revois en train de regarder le plafond. Pour moi, j'étais encore dans la salle d'opération attendant de m'endormir. En fait j'étais dans la salle de réveil. Je trouve cet événement incroyable. Une conscience disparaît, se met en sommeil durant quelques minutes, puis renaît sans s'être rendu compte de rien. Pendant ce temps, le monde continue de tourner, et c'est par rapport à soi qu'il tourne ! L'examen a été réalisé. Une équipe de professionnels s'est occupée de moi. Et tout s'est – bien – passé. Magnifique. Oh oui ! Magnifique. Je suis bien heureux d'avoir vécu cette expérience.

14 novembre 2006

Intérêt catégoriel

Je vais subir demain une petite intervention sous anesthésie en ambulatoire dans une clinique du sud de Paris. C'est l'occasion pour moi de raconter la rencontre toujours intéressante du patient avec le milieu médical. Mercredi dernier, je me suis rendu une première fois à la clinique pour un rendez-vous préliminaire avec l'anesthésiste. Tout s'est très bien passé jusqu'au moment où le médecin m'a demandé si j'avais des problèmes avec mes dents. "Rien de particulier, lui ai-je répondu, si ce n'est une petite douleur au réveil depuis quelque temps lorsque je sers la machoire". "Ca ne m'intéresse pas, a-t-il répliqué sèchement, ce qui m'intéresse, c'est de savoir si vous avez des dents sur pivot par exemple ?" Anecdote sans importance, me direz-vous. Pourtant – est-ce une sensibilité trop grande ?, j'ai ressenti négativement la réaction de ce médecin en l'interprétant comme une fermeture totale à un problème qui me préoccupe malgré tout. Il aurait pu me conseiller d'aller voir mon dentiste au lieu de s'occuper uniquement de sa partie. Ce fractionnement de l'individu en centres d'intérêt purement catégoriels m'a déplû. Pour moi, un médecin même spécialiste doit être à l'écoute globale de son patient. Cette qualité assez rare doit être notée quand elle se produit. Je me souviens avoir fait le choix définitif de mon médecin généraliste lorsque celui-ci après m'avoir ausculté me précisa : "vous savez que cette IST peut être transmissible lors de rapports sexuels non protégés avec un ou une partenaire ?". Et voilà ! Ce qui devait être dit l'avait été sans troubler exagérément l'intimité du patient. Pas besoin d'en rajouter en disant : "Vous êtes homosexuel, non ? Il faut faire attention !". Demain, si tout se passe bien..., je vous raconterai la suite de mon expérience avec les docteurs...

12 novembre 2006

Des larmes au rire

Un collègue m'a parlé de La Cinémathèque française où se déroule actuellement une rétrospective du cinéma expressionniste allemand. Grand amateur de Murnau, il a assisté à plusieurs séances en quelques jours. Tiens, me suis-je dit hier, pourquoi ne pas aller y faire un tour ! C'est ainsi que j'ai découvert que La Cinémathèque française se trouve à 30 minutes de marche de chez moi, qu'il est extrêmement facile de s'y rendre, et que son fonds est d'une richesse extraordinaire. Hier, j'ai vu Moby Dick de John Huston et aujourd'hui L'Homme qui rétrécit de Jack Arnold. J'avais eu l'occasion de voir ces deux films à la télévision, il y a bien longtemps, et j'ai vraiment éprouvé une grande joie à les revoir. L'émotion est toujours aussi grande. Lorsque le capitaine Achab, incarnation du mal, soumet son équipage à sa volonté démoniaque pour retrouver et tuer la baleine blanche, ou lorsque le pauvre Scott Carey, interprété par le superbe Grant Williams, rapetisse et doit lutter contre une araignée monstrueuse pour survivre, on tremble ! Heureusement, une rencontre sympathique m'a vite fait renouer avec une réalité plus agréable. C'est l'avantage du cinéma : il nous fait vite passer du rire aux larmes, ou inversement.

11 novembre 2006

Souvenir de la Grande Guerre

J'ai connu l'existence de mon arrière-grand-oncle Alexandre il y a peu. Un jour, je raconterai pourquoi, et les raisons pour lesquelles il compte autant pour moi.
En mars 1916, il était soldat.
Voici une lettre qu'il a écrite à Emile, son frère.
3 mars 1916
Mon cher Emile,
Le dégel est arrivé et nous pataugeons de plus en plus.
Tout va bien malgé cela. Je crois que les événements vont se précipiter et que nous ne passerons pas ici notre 3ème hiver. J'en ai le ferme espoir.
Reçu carte d'Henri ; il est probable que de son côté ça va chauffer aussi. Toujours beaucoup de besogne.
Je t'embrasse bien affectueusement pour nous deux.
Ton A

Sentires

"Flamenco sous influences" est le sous-titre de Sentires joué actuellement au Vingtième Théâtre à Paris. Arrivé en avance pour être sûr d'obtenir un billet (j'avais téléphoné dans l'après-midi pour réserver mais une machine électronique avait refusé mon paiement par carte), j'ai eu le temps d'entendre quelques échos sur le spectacle. "Magnifique, formidable, je l'ai vu une première fois et je voulais y retourner dès le lendemain !". Ces commentaires confirmaient l'avis d'un oncle et d'une tante eux aussi conquis par Sentires, et qui m'avaient chaudement recommandé le spectacle. Un autre commentaire a toutefois tempéré mes ardeurs. L'une des quatre danseuses se serait blessée la veille et ne serait pas sur scène. Sentires amputé serait-il dévalué ?!
Je connais peu l'histoire du Flamenco. Je n'ai comme référence qu'un spectacle magnifique vu autrefois à la Sorbonne, et un film au titre oublié dans lequel les chants des femmes me rappelaient les cris d'un cochon prêt à être égorgé... Je sais que cette remarque fera hurler les amateurs. Ce fut pourtant mon sentiment.
Pour Sentires, je me suis fié entièrement à mon ressenti. Au début, j'ai eu du mal à entrer dans le spectacle non pas à cause des danseuses, dont le talent est indéniable, mais parce que l'absence d'orchestre me gênait. Je trouve que le Flamenco est aussi une communion entre des musiciens et des danseuses. Or l'absence d'orchestre sur la scène du Vingtième Théâtre, en quelque sorte l'absence d'une partie du couple, m'a déçu. Puis la magie a opéré. J'ai oublié la bande son pour entrer dans la vision flamenca de ces femmes épatantes, et dans la splendeur des couleurs et des ombres valorisée par une mise en scène sobre mais éblouissante.
A la fin du spectacle, une des danseuses s'est avancée vers le public. Elle a remercié l'absente, blessée à une main, qui n'avait pu danser, et qui avait aidé à régler le spectacle "en une heure". J'ai applaudi à tout rompre, comme l'intégralité du public.

10 novembre 2006

Les gays du stade

Les idéologues déistes ont encore frappé, cette fois à Jérusalem, où la Gay Pride prévue ce vendredi a été interdite. Le Vatican, supplétif des intégristes locaux, avait appelé hier à l'annulation de la manifestation afin de ne pas heurter « les sentiments de millions de croyants juifs, musulmans et chrétiens ». A la place du défilé dans les rues de la ville, les gays israéliens ont dû se contenter d'un rassemblement dans un stade. Pour ceux qui n'ont pas oublié le passé (Vel d'Hiv 1942) ou qui ont l'âge d'avoir connu certains événements (Chili 1973), le souvenir des stades est douloureux. Il rappelle que l'intolérance mène à une horreur possible, que les hommes sont toujours capables de reproduire.

01 novembre 2006

Le vent sauvage de novembre

Lorsque j'étais à l'école primaire, nous apprenions des poèmes et des fables parmi lesquels les textes de Jean de La Fontaine prenaient une place éminente. Cependant d'autres auteurs nous étaient soumis pour susciter notre intérêt pour la poésie et essayer de développer notre mémoire. De cette époque déjà lointaine, j'ai toujours gardé le souvenir de la première strophe d'un long poème écrit par un auteur dont j'avais perdu le nom. Je ne savais même plus s'il était de France ou d'ailleurs. Puis, un jour où un malicieux désir nostalgique m'a convié à retrouver le nom de cet auteur, j'ai effectué une recherche sur Internet. Aussitôt cliqué, aussitôt trouvé ! Le nom de ce poète belge est Emile Verhaeren, et le titre du poème Le Vent. Pour célébrer la venue de novembre, un mois de l'année que j'ai toujours adoré, je vous le propose comme un court moment de bonheur littéraire.

Le Vent

Sur la bruyère longue infiniment,
Voici le vent cornant Novembre,
Sur la bruyère, infiniment,
Voici le vent
Qui se déchire et se démembre,
En souffles lourds, battant les bourgs,
Voici le vent,
Le vent sauvage de Novembre.

Aux puits des fermes,
Les seaux de fer et les poulies
Grincent ;
Aux citernes des fermes,
Les seaux et les poulies
Grincent et crient
Toute la mort, dans leurs mélancolies.

Le vent rafle, le long de l'eau,
Les feuilles mortes des bouleaux,
Le vent sauvage de Novembre ;
Le vent mord, dans les branches,
Des nids d'oiseaux ; Le vent râpe du fer
Et peigne, au loin, les avalanches,
Rageusement, du vieil hiver,
Rageusement, le vent,
Le vent sauvage de Novembre.

Dans les étables lamentables,
Les lucarnes rapiécées Ballottent leurs loques falotes
De vitres et de papier.
- Le vent sauvage de Novembre ! -
Sur sa butte de gazon bistre,
De bas en haut, à travers airs,
De haut en bas, à coups d'éclairs,
Le moulin noir fauche, sinistre,
Le moulin noir fauche le vent,
Le vent,
Le vent sauvage de Novembre.

Les vieux chaumes, à cropetons,
Autour de leurs clochers d'église,
Sont ébranlés sur leurs bâtons ;
Les vieux chaumes et leurs auvents
Claquent au vent,
Au vent sauvage de Novembre.
Les croix du cimetière étroit,
Les bras des morts que sont ces croix,
Tombent, comme un grand vol,
Rabattu noir, contre le sol.

Le vent sauvage de Novembre,
Le vent,
L'avez-vous rencontré le vent,
Au carrefour des trois cents routes,
Criant de froid, soufflant d'ahan,
L'avez-vous rencontré le vent,
Au carrefour des trois cents routes,
Criant de froid, soufflant d'ahan,
L'avez-vous rencontré le vent,
Celui des peurs et des déroutes ;
L'avez-vous vu, cette nuit-là,
Quand il jeta la lune à bas,
Et que, n'en pouvant plus,
Tous les villages vermoulus
Criaient, comme des bêtes,
Sous la tempête ?

Sur la bruyère, infiniment,
Voici le vent hurlant,
Voici le vent cornant
Novembre.

Emile VERHAEREN, Les Villages illusoires (1894)

29 octobre 2006

Sous-marin aux Tuileries...




Voici quelques photos étranges ou tout simplement jolies - de mon point de vue, prises au fil de mes promenades parisiennes. Hôtel de ville de Paris la nuit, pont enjambant la Seine, sous-marin dans un bassin du jardin des Tuileries...

28 octobre 2006

Festival Paris-Banlieues Tango

J'ai découvert le Festival Paris-Banlieues Tango voici quelques jours par le biais d'Internet. Il n'est jamais trop tard me diront les amateurs de tango, puisqu'il s'agit de la 9ème édition de ce festival. Bref, moi qui apprécie cette musique en amateur, je me suis rendu hier à la Cité Internationale des Arts, située dans le 4ème arrondissement à Paris, pour assister à un concert de l'Ensemble Montréal Tango créé par le pianiste Victor Simon en 1998. J'ai été enchanté, et c'est la raison pour laquelle je vous invite à profiter vous aussi de ce festival de tango qui se poursuivra jusqu'au 3 décembre.

23 octobre 2006

De Paris à Luanda

Les journalistes français s'étonnent de leur courage parce qu'un documentaire sur Jacques Chirac, réalisé par Patrick Rotman, va être diffusé ce soir à la télévision. Parler du président ? Quel courage en effet ! Ce serait prendre le risque de ne plus être invité au pince-fesse du 14 Juillet ou de ne plus faire partie des voyages présidentiels. Déplaire, voilà le mot qui fait peur. Déplaire parce que telle ou telle remarque sur le président pourrait nuire à son image. On croit rêver. Je me souviens d'un voyage effectué il y a quelques années en Angola. A l'époque, j'avais rencontré le correspondant de l'AFP dont le travail en cours consistait à prouver le lien existant entre l'assassinat d'un journaliste et le pouvoir. C'était à Luanda, pas à Paris. Cette enquête, vraiment déplaisante, risquait d'envoyer un homme à la mort au nom de la vérité. En mettant en parallèle ces deux histoires, les journalistes français pourront peut-être comprendre qu'un risque n'a pas la même portée ici et ailleurs. En France, on perd au pire une place, ailleurs on perd la vie.

30 septembre 2006

La pouffiasse du pèse-légumes

Ce matin, je fais des courses dans mon magasin d'alimentation habituel. Je prends quelques pommes, quelques patates, une courgette, et m'en vais peser le tout sur l'un des trois pèse-légumes disponibles. Pendant que j'officie, alors que deux autres pèse-légumes sont libres, une pimbêche trentenaire vient poser son sac de légumes sur MON pèse-légumes, sans un regard pour moi, comme si je n'existais pas. Je lui fais remarquer que je suis en train de peser mes propres légumes et que deux autres pèse-légumes sont disponibles. Elle répond : "Mais vous ne l'utilisez pas !" Je lui fais remarquer que si, que je suis en train de déposer un premier sac dans mon cabas, et que je m'apprête à en peser un autre, bref que j'occupe ce pèse-légumes et que, encore une fois, il y en a deux de libres juste à côté. Alors cette pouffiasse monte sur ses grands chevaux en éructant que je ne suis pas seul au monde, tout en demandant : "Mais jusqu'où iront-ils ?", laissant entendre que le goujat c'est moi, alors que non d'un chien, s'il y a bien une gens-foutre dans ce magasin, c'est elle !
Jusque tard dans la matinée, cette pouffiasse a gâché mon humeur.

26 septembre 2006

Thaïlande-Plages

Se méfier. Toujours se méfier. En particulier d'impressions qui ne reposent pas forcément sur la réalité. D'une nouvelle entendue à la radio ou vue à la télévision. Ou de l'absence de nouvelle... Depuis quelques jours, depuis le coup d'Etat militaire en Thaïlande, je m'étonne de n'entendre aucune réaction des intellectuels français, de la gauche française, des professionnels de la profession "droitsdel'hommiste", comme dirait l'autre, d'habitude si prompts à réagir. Mais ce n'est qu'une impression. Je dois me méfier. Sans aucun doute les intellectuels français ont appelé à la mobilisation contre le putsch des généraux thaïlandais. Sans aucun doute la gauche française se mobilise pour venir en aide au peuple martyr. Comment pourrait-il en être autrement ? Si je n'entends rien, c'est que les cris sont trop forts et que mes oreilles se protègent en se fermant. Si je les ouvrais, j'entendrais les appels pour un retour à la démocratie immédiat et sans conditions ! Mais non, il semble bien que personne ne bouge. Des militaires au pouvoir à Bangkok ? Peu importe du moment que l'on puisse partir cet hiver se bronzer sur les plages de Thaïlande. L'important, c'est ça. Le reste on s'en fout !

17 septembre 2006

L'Illusion chronique

J'aime bien Jean-Paul Farré, que j'ai déjà vu quelques fois au théâtre. Dopé par ce point de vue favorable, je me suis rendu encore une fois au Lucernaire pour assister à une fantaisie au royaume des dates, à une Illusion chronique, que Farré a concoctée pour le plaisir du public venir l'applaudir en nombre. Dans ce spectacle, Jean-Paul Farré choisit l'année 1685 comme la nouvelle année zéro à partir de laquelle commence l'histoire avec un grand H. Et il la termine en 1895, parce que l'histoire, ça se finit bien un jour... L'Illusion chronique est un spectacle surprenant parce qu'il nous transporte dans une autre dimension, celle où le temps n'est plus vraiment à sa place. D'ailleurs, j'écris cette chronique aujourd'hui, qui n'est peut-être pas aujourd'hui en fait. Je suis perdu. Farré m'a bien eu avec sa drôle d'histoire du temps !

16 septembre 2006

Géométrie variable et religion

Quelques connaissances mon houspillé après avoir appris ma participation à la manifestation du 03 septembre dernier à Notre-Dame. Je me suis fait traiter de tous les noms parce que j'avais osé m'élever contre Jean-Paul II tombeur du communisme, prêcheur de l'amour universel, symbole de la paix, et je ne sais plus quoi encore.
J'ai d'abord voulu argumenter mais je me suis vite rendu compte que la raison n'était pas le fort des Catholiques. Lorsque j'ai dit que le pape se voulait universel, et que dans ces conditions il s'adressait à tous, catholiques et non catholiques, on m'a répondu que c'était faux. Le pape ne s'adresse qu'à ses ouailles. Ce n'est pas ce que j'ai cru comprendre, mais bon !
Le véritable argument qui m'a fait cesser le combat des idées, c'est au moment où l'on m'a asséné l'argument suivant : "De toutes les façons, les Catholiques n'écoutent pas toujours le message du pape, par exemple en ce qui concerne la contraception ou le préservatif."
Ainsi les croyants se moquent du message de leur chef ! Alors pourquoi une église ? Un pape ? Un dogme ?
Si c'est pour ne pas en appliquer les préceptes, ne vaut-il pas mieux se libérer totalement de l'église ? Et n'est-il pas judicieux alors de dénoncer les propos d'un homme, rien qu'un homme, qui se prend abusivement pour la conscience universelle ?
Ca me renvoie à une histoire entendue ce matin à la radio : A Jérusalem, un patron de bar s'aperçoit que Dieu est à sa table. Il Lui demande : Seigneur, qui des Chrétiens, des Juifs ou des Musulmans vous servent le mieux ? Et Dieu de répondre : Je ne sais pas. Moi, Je ne m'occupe pas des religions mais des hommes...

11 septembre 2006

Service Clientelle SNCF

Madame, Monsieur
J'ai bien reçu le Bon Voyage d'un montant de six euros et quarante centimes que vous avez bien voulu me gratifier à la suite d'une nouvelle mésaventure vécue sur la ligne Granville-Paris le 24 juillet 2006, à savoir un retard de deux heures.
Je vous écris à nouveau pour vous faire part des conditions détestables qui ont été les miennes ainsi que celles de dizaines de voyageurs lors de mon retour sur Paris ce dimanche 10 septembre 2006. Monté à L'Aigle, je n'ai pas trouvé de place tant le train était bondé. Il faut dire que deux rames, un dimanche soir retour de week-end, c'est vite rempli !
A notre arrivée à Dreux, le quai était noir de monde si bien que nous avons fini le voyage jusqu'à Paris comprimés comme dans une boite de sardines.
Ceux qui souhaitaient se rendre aux toilettes devaient abandonner ce voeu bien naturel. De toute manière, même s'ils avaient pu accéder aux latrines, ces pauvres gens auraient dû faire demi-tour puisqu'elles ne fonctionnaient pas.
J'imagine que, depuis que j'écris pour raconter mes déboires avec le service public de la SNCF, vous avez créé un dossier spécial à mon nom. Merci, avant d'y joindre cette nouvelle lettre, d'envisager premièrement une compensation sonnante et trébuchante, secondement un réel effort pour améliorer le confort des passagers sur la ligne Paris-Granville.
Rempli d'espoir, je vous prie de croire, Madame, Monsieur, à l'assurance de ma considération distinguée.

08 septembre 2006

Par timidité

Un ami m'a appris hier que son copain bulgare, en France depuis plusieurs années, n'avait toujours pas de papiers en dépit de ses demandes répétées. La dernière fois qu'il a été reçu à la préfecture de police, le curriculum vitae de son père lui a été présenté. On se demande bien pourquoi ?! Selon mon ami, il s'agissait de faire comprendre à son copain que la police française savait tout de ses origines, et que ce passé ne convenait pas pour obtenir une régularisation. Je précise que le jeune homme est archi diplômé, qu'il parle plusieurs langues et qu'il a déjà travaillé pour de nombreuses entreprises françaises.
Il y a quelques années, j'étais formateur pour des journalistes étrangers. Un jour, un jeune Chinois a débarqué dans nos locaux sachant à peine prononcer deux ou trois mots de français. Chaque matin, en arrivant au bureau, je le voyais dans une salle faire de grands allers et retours entre les tables. Il répétait des phrases en français. Il apprenait notre langue pour pouvoir vite se débrouiller autrement qu'en anglais. Quelques mois plus tard, parfaitement à l'aise et désireux de s'installer en France, il a fait une demande à la préfecture de police. L'Autorité lui a répondu qu'il fallait qu'il retourne à Pékin, fasse une demande par l'intermédiaire de l'ambassade de France et qu'il verrait bien. Il a vu. Lassé d'attendre une réponse, il a fait une demande au Canada. Qui l'a aussitôt acceptée. Il a d'abord vécu à Montréal avant de déménager à Toronto. Désormais il travaille pour le cinéma entre la Chine et l'Amérique du Nord.
Depuis plusieurs années, j'observe l'avancement des travaux de rénovation de l'ancien collège des Bernardins situé dans le Ve arrondissement de Paris. Je suis très admiratif de l'oeuvre accomplie. Une quasi ruine est devenue un bel édifice fin et lumineux. J'ai remarqué que la plupart des ouvriers étaient d'origine maghrébine ou noire africaine. Ils font tous un travail remarquable dont je leur suis redevable. Quand je passe devant le collège, j'ai envie à chaque fois de leur dire merci. Par timidité, je ne le fais pas. C'est un tort. Il faudrait toujours féliciter le talent.

03 septembre 2006

Place des morts du sida



L'inauguration aujourd'hui du parvis Notre-Dame-place Jean-Paul-II est insupportable. Comment une ville comme Paris peut-elle honorer Jean-Paul II, ce pape si rétrograde vis-à-vis de la contraception, si sectaire vis-à-vis des minorités sexuelles, si décalé de la réalité humaine au point de toujours refuser de promouvoir l'utilisation du préservatif ?
Pendant ce temps, le sida ne s'encombrant pas d'une idéologie arriérée a tracé et trace toujours sa route de mort.
Ce matin, la manifestation qui dénonçait cette décision a reçu le soutien d'élus Verts de la majorité du Conseil de Paris. Yves Contassot, adjoint chargé de l'Environnement et Denis Baupin, adjoint chargé des Transports, ont ouvert la marche en arborant leur écharpe d'élus.
Mais ce mouvement d'humeur n'empêchera pas les Verts, demain, de poursuivre leur collaboration avec Bertrand Delanoë. Pourtant comment continuer à travailler avec un maire homosexuel déclaré, qui oublie les malades et les morts du sida au profit d'un Variety Show catholique et qui s'accomode d'une alliance contre nature avec la droite ? Si la résolution proposant cette place Jean-
Paul II a été adoptée, c'est en effet grâce aux voix de la droite ! A Paris, comme au niveau national, la gauche fait vraiment n'importe quoi. C'est triste, affligeant, écoeurant.

02 septembre 2006

Un homme civilisé en bourreau

Je suis encore sous le coup de l'émotion. Hier soir, je suis allé voir une pièce de théâtre absolument terrible adaptée du roman de l'Américaine Kressmann Taylor Inconnu à cette adresse. Cet échange imaginaire de lettres entre un Juif américain et son ami allemand retourné dans son pays peu de temps avant l'arrivée d'Hitler au pouvoir montre comment un homme peut tomber progressivement dans le piège du fanatisme et de l'antisémitisme. Xavier Béja et Guillaume Orsat accompagnés par François Perrin au violon apportent une force supplémentaire au texte grâce à leur jeu et à une mise en scène épurée. Chaque lettre n'est pas lue, elle est clamée par son auteur. Elle est adressée yeux dans les yeux à son destinataire, ce qui a pour effet de renforcer le poids de sa charge émotionnelle d'abord positive ensuite dramatique. Dans un premier temps dubitatif sur Hitler, l'ami allemand acceptera au fil des mois certains arrangements avec la violence à l'égard des Juifs, avant de devenir farouchement antisémite. L'homme providentiel a transformé un homme civilisé en bourreau.
Dans la petite salle du Lucernaire, le public est littéralement paralysé par l'émotion. Lorsque la pièce se termine, le silence est total. Il faut un long moment pour que les applaudissements fusent afin de saluer et remercier les acteurs pour ce moment intense. Je pense que chaque soir, cette réaction est identique. Elle signe la réussite d'un texte majeur et d'une pièce à voir absolument.

30 août 2006

Un saint mystère

En traversant le jardin du Luxembourg, je suis passé devant la statue de Sainte-Beuve. Je me suis souvenu alors d'une anecdote racontée par le professeur Jean Bernard, un jour qu'il était interviewé sur une radio. A l'époque, et peut-être cela a-t-il duré jusqu'à sa mort le 17 avril dernier, il habitait dans un appartement surplombant le Luxembourg. Il avait expliqué, si je m'en souviens bien, que presque chaque matin, il apercevait de ses fenêtres une femme reccueillie devant la statue de Sainte-Beuve. La première fois, il lui sembla qu'elle priait. Cette impression se confirma lorsque cette femme, avant de se retirer, fit un signe de croix. Ainsi, quelle étrange croyance, quelle étrange relation cette femme entretenait-elle avec ce poête, avec cet homme, au point d'en faire un saint ? Ou était-ce seulement ce "saint" rattaché à ce Beuve qui en déterminait la sainteté ? C'est sur ce mystère, je crois, que Jean Bernard s'interrogeait. Un drôle de mystère, ma foi, bien plus humain et bien plus intéressant que les mystères du ciel.

27 août 2006

Sous le ciel de Medellin

J'ai bien fait de me méfier du destin. Arrivé au Lucernaire, une jeune femme installée derrière un guichet m'a appris qu'Inconnu à cette adresse faisait relâche exceptionnelle ce samedi soir.
Je suis donc allé au cinéma.
Rosario est un film colombien d'Emilio Maille avec Flora Martinez et les beaux Unax Ugalde et Manolo Cardona. Adapté du roman de Jorge Franco Ramos La Fille aux ciseaux, Rosario raconte l'histoire de deux jeunes gens de bonnes familles épris d'une fille énigmatique, qui s'avèrera être une tueuse à gages. Amour, sexe, violence et mort s'entremêlent sous le ciel splendide de Medellin. C'est beau et terrible, c'est la Colombie des années 1980, la Colombie où tout est possible comme voir des cadavres se saouler et sniffer au lieu de pourrir dans un cimetière. J'ai adoré.

26 août 2006

Les Mauvaises au Lucernaire

Un ami m'a dit récemment : "La province, c'est bien pour les week-ends ou les vacances". Par cette sentence, il signifiait qu'il n'y a rien de bien intéressant au-delà du périphérique parisien sur le plan de la diversité culturelle."Regarde, poursuivait-il, tu disposes à Paris d'une multitude de théâtres, de musées, de salles de cinéma, de concerts ; en une année tu ne peux pas remplir toutes tes soirées !" J'ai vite clos ce débat pour échapper à cette thèse bobo qui a le don de m'énerver.
Cette introduction pour vous dire que je suis allé hier soir au théâtre Lucernaire voir Les Mauvaises sur les conseils d'une amie violoncelliste. Deux filles, violoncellistes, – Blanche et Rose – retracent avec beaucoup de poésie et... d'originalité "plus de six siècles de musique en moins d'une heure dix"...Les filles sont drôles, certes, mais je trouve qu'il leur manque un petit quelque chose qui rendrait leur spectacle plus dynamique. Il y a quelques longueurs, et je trouve que leurs intermèdes musicaux auraient été plus efficaces s'ils avaient constitué une véritable performance violoncelliste. Si je ne me suis pas ennuyé, si j'ai ri pas moments, je n'ai pas toutefois été transporté par ce spectacle. Ceci dit, Patricia Clément et Martine Thinières sont à suivre.
Ce soir, si rien ne s'interpose d'ici là, je prévois d'aller voir une autre pièce à l'affiche au Lucernaire : Inconnu à cette adresse.
Ps : J'allais oublier de vous raconter cette anecdote. Hier soir, avec cinq autres personnes, je suis monté au deuxième étage du Lucernaire pour rejoindre la salle de spectacle. Le placement étant libre, nous nous sommes installés et avons attendu que le spectacle commence. Seulement, à 18 h 25, cinq minutes avant les trois coups, un jeune homme est venu nous dire que nous n'aurions pas dû être là. "Normalement, vous devez attendre en bas que les ouvreuses viennnent vous chercher". Comme nous ne bougions pas, le jeune homme est allé chercher une ouvreuse en renfort, qui nous a fortement invités à redescendre. Une dame âgée, marchant difficilement, a été généreusement autorisée à stationner à l'étage jusqu'à l'ouverture "officielle" de la salle. Quant à nous, nous sommes redescendus. Puis nous sommes remontés. Certains ont donné une pièce à l'ouvreuse. Incroyable, non ?!

24 août 2006

Comme on croit à Ségolène...

Le Monde, dans un feuilleton de l'été titré "Les sept élections présidentielles" raconte ce 24 août 2006 l'élection de François Mitterrand le 10 mai 1981. A l'époque, j'avais 19 ans, et je votais pour la première fois. Je devais cet honneur citoyen à Valéry Giscard d'Estaing qui sept ans plus tôt avait abaissé la majorité à dix-huit ans.
Je me souviendrai toute ma vie de ce 10 mai 1981, 20 heures, lorsque le portait de Mitterrand est apparu sur l'écran de télévision. J'ai dit, effondré : "Pauvre France".
Je m'étais totalement impliqué dans la campagne électorale en faveur de Giscard distribuant des tracts et collant des affiches la nuit. J'y croyais à l'époque, à cette victoire, à la nécessité de cette victoire pour éviter à la France de subir la politique désastreuse des "socialo-communistes". Puis Mitterrand l'a emporté. Rapidement je crois, j'ai adhéré au Centre des Démocrates Sociaux, composante de l'UDF, pour préparer une alternance que je croyais rapide. Hélas ! Cela ne s'est pas déroulé comme je l'espérais.
En 1985, j'ai quitté le CDS, dégoûté par les magouilles d'appareil, et approfondissant ma réfléxion sur la tromperie dont j'avais été victime. Car toute ma jeunesse, mon environnement familial m'avait dit et répété qu'une victoire de la gauche signifierait l'effondrement du pays et l'arrivée des chars soviétiques place de la Concorde. Je croyais à ce discours comme on croit aujourd'hui à Ségolène...
Les années passant, j'ai compris que la droite mentait aussi bien que la gauche, et que la morale politique n'appartenait à aucun clan.
Quelque temps, j'ai voté socialiste. Mais aujourd'hui, en particulier depuis le référendum du 29 mai 2005, date à laquelle les socialistes ont trahi l'Europe politique, je suis incapable de voter pour eux.
2007 sera une année étrange, trouble et redoutable qui ne m'inspire pas, mais alors pas du tout !

23 août 2006

Du Rwanda à Cuba

J'avais prévu dimanche dernier de faire un saut à Provins pour découvrir cette cité médiévale située ferroviairement à 1 h 20 de Paris. Mais je me suis réveillé trop tard et mon projet a avorté. A la place, je suis allé au Palais de la Découverte que je n'ai pas fréquenté depuis au moins vingt ans. Ce n'était pas tant pour me replonger dans les délices de l'enfance auxquels renvoie obligatoirement ce Palais de la science. D'ailleurs nombreux étaient les mômes qui se précipitaient sur les expériences à faire soi-même du genre "Soulevez-vous même un poids de cent kilos", ou "Apprenez à évaluer votre vue". Non, j'y suis allé pour l'exposition sur les gorilles visible jusqu'au 26 novembre 2006. Comme beaucoup de gens, ces animaux me passionnent, et je fais partie de ceux qui ont eu le souffle coupé en découvrant en 1989 le film Gorilles dans la brume, avec Sigourney Weaver, qui retraçait la vie de l'anthropologue américaine Dian Fossey. Au Palais de la Découverte, grâce à de magnifiques photos et au film documentaire d'André Lucas, j'ai retrouvé l'ambiance du film et, plus important, la conviction que les gorilles doivent être protégés coûte que coûte. A ce propos, il faut saluer ce projet européen qui a permis d'accroître en quelques années la population des gorilles de montagne de 17 % au Rwanda !
Plus tard dans l'après-midi, je me suis arrêté à la Maison européenne de la photographie pour voir l'exposition Angel Marcos à Cuba. Comme toujours, on ressent un sentiment de nostalgie en s'extasiant sur les "Américaines" des années 1950 que l'on voit circuler dans les rues de La Havane. Nostalgie aussi en s'arrêtant sur une ville figée dans un passé prérévolutionnaire comme s'il s'agissait d'une carte postale envoyée autrefois de là-bas par un grand-parent. Mais non, il s'agit bien d'aujourd'hui, et l'on comprend alors ce qu'est la faillite économique du régime castriste. Quel gachis et quelle horreur que ce pouvoir dictatorial incapable de développer le pays et opprimant les démocrates, les intellectuels et, ne les oublions pas, les homosexuels. Pour ceux que cet aspect de la Révolution cubaine intéresse, je leur conseille le livre de Reinaldo Arenas, Avant la nuit.
Voilà. Bon week end ma foi, que j'ai terminé devant la webcam à discuter avec mon ami Nelson de Bogota. Nous sommes convenus que j'irais le voir l'année prochaine en Colombie. Décidément, ce week end fut remarquable.

20 août 2006

Courriels et Viagra

Avec une amie, nous envisageons de reprendre contact avec les participants à la formation de formateur d'adultes que nous avons faite en 1998/1999 à l'université Paris VIII. Si ça marche, nous organiserons un déjeuner retrouvailles, façon de voir ce que chacun est devenu près de dix ans après. Mais là n'est pas mon propos. En retrouvant la feuille sur laquelle figurent les coordonnées de chacun, j'ai constaté que personne n'avait indiqué son adresse électronique. Soit parce que personne ou presque n'en avait à l'époque, soit parce que - pure hypothèse - cela relevait encore de l'intime. On ne partageait pas encore cette partie de soi-même, qui n'était réservée qu'à la famille ou aux amis proches. Aujourd'hui, plus personne ne refuserait ce partage avec l'universel sauf raisons particulières. L'adresse électronique est devenue l'équivalent de l'adresse physique ou du numéro de téléphone fixe ou portable : un outil de communication comme un autre, que l'on gère comme les autres. En moins de dix ans, la transformation est radicale.
Ce qui permet de constater aussi que le courriel est entré dans la norme de la société moderne, c'est qu'il s'accompagne désormais des pourriels. Je ne sais pas vous, mais moi j'élimine chaque jour cinq à dix courriels de publicité inconvenante. Inconvenante, oui, puisque je reçois presque uniquement de la publicité pour le Viagra ! Comme si j'en avais besoin. Non mais !

15 août 2006

Les voyantes sont des salopes

Ce n'est pas ma faute, c'est un réflexe. Et ça fait 35 ans que ça dure. Il suffit que j'en croise une dans la rue comme aujourd'hui pour que mon visage se ferme, pour que mon corps se raidisse, et que je doive redoubler d'efforts pour ne pas lui claquer la gueule, à cette saleté-là. Oui, je sais, je suis trivial. Mais comment réagir autrement quand ces saloperies essaient de vous agripper la main en prétendant y lire l'avenir. Contre quelques euros bien sonnants et bien trébuchants, cela va de soi ! Mon aversion définitive pour ces emperlouzées en robe patchwork - plus le costume est folklorique, mieux ça marche - remonte à mes 9/10 ans, un jour où l'un de ces escrocs en maraude a convaincu mon père de lui prédire l'avenir. "Vous vivrez longtemps, jusqu'à 100 ans", lui a-t'elle dit, lui qui, malade, est mort peu de temps après à 48 ans. Je me trouvais là quand cette femme a joué avec ma souffrance. Mon père, lui, n'y a pas cru bien sûr. Il savait. Mais moi, j'y ai cru ! A 10 ans, on veut croire que son père ne peut pas mourir. Alors aujourd'hui encore, quand je croise une de ces ordures au coin d'une rue, je ne peux m'empêcher de lui jeter à la face un regard de haine que, pauvre "voyante", elle ne comprend même pas !

14 août 2006

Rêves et télécommande

C'est un détail, certes. Mais comme on dit, les détails révèlent le monde. Bref, j'étais à l'Etap Hôtel de la Rochelle ce 13 août lorsque j'ai voulu regarder la télévision. TF1 n'étant pas à mon goût, j'ai souhaité changer de chaîne, ce qui de nos jours se fait par le biais d'une télécommande. Eh bien ! Cette télécommande était introuvable. En fait, il a fallu plusieurs minutes pour que je tombe dessus, si j'ose dire, puisqu'elle était solidement fixée... au-dessus de mon lit !
Comme d'habitude, on ne saura jamais qui est la poule et qui est l'oeuf. Pourquoi avoir accroché solidement cette télécommande ? Pourquoi ne pas l'avoir laissée sur une table comme cela se fait dans les pays civilisés ? Parce que les voyageurs les volent ou parce que l'hôtelier craint qu'on les vole ?! En tout cas, cette anecdote prouve encore une fois que la folie sécuritaire atteint des sommets de connerie. Pour changer de chaîne, il faut se redresser, voire se contorsionner pour atteindre la télécommande. Je plains les vieilles personnes et celles qui souffrent d'un mal de dos. Pour ma part, constatant encore une fois que la télé ne m'apportait rien sinon une perte de temps utile, j'ai tout coupé et me suis endormi. Et je me suis aperçu que mes rêves n'avaient pas besoin de télécommande...

12 août 2006

Passons aux actes


Le thème du Congrès AIDS 2006, qui se déroule du 13 au 18 août 2006 à Toronto, est : "Passons aux actes". Après 25 ans d'épidémie de sida, il serait temps ! Si vous vous intéressez à la lutte contre le sida, n'hésitez pas à cliquer sur le titre de cette chronique pour vous informer sur ce congrès, et sur ce qu'il reste à faire pour faire bouger - beaucoup - les choses.

11 août 2006

Pirates kurdes

Le site Internet pour lequel je travaille à été piraté aujourd'hui pendant quelques heures. A la place du contenu habituel, les internautes pouvaient voir une vidéo dénonçant les massacres des Kurdes par les Turcs. L'exploit technique est assez remarquable, m'ont dit les informaticiens qui se sont penchés sur le problème. Bravo donc à ces pirates du oueb qui, il faut bien le remarquer, n'ont pas fait couler le sang pour faire parler d'eux.

10 août 2006

Saint-Pèt n'est pas Saint-Trop

J'ai dîné hier soir au Panier, un restaurant bobo situé place Saint-Marthe dans le 10ème arrondissement de Paris. J'étais un peu en avance, semblait-il, puisque je ne voyais aucune de mes amies avec lesquelles ce dîner était prévu. Personne en terrasse et personne dans la petite salle jouxtant le bar. En fait, une serveuse, une grande fille mince fichtrement sympa, m'a dit que je les trouverais sûrement dans l'arrière-salle, ce qui s'est produit. Encore fallait-il savoir qu'une telle arrière-salle existât ! Presque cachée derrière une petite porte située sur le côté du bar, je ne pouvais pas la distinguer. Bref, j'ai retrouvé mes trois amies, rencontres d'atelier d'écriture, lieu où je me suis rendu chaque semaine durant deux ans pour apprendre à ciseler mes phrases. Je vous le concède, ce n'est pas forcément une réussite. En tout cas, à défaut de techniques, j'ai fait des rencontres humaines, et c'est bien cela le plus intéressant.
Bobo, disais-je. Mes amies le sont. Comme je le suis un peu également. Quiconque qui vit à Paris et qui a voté Denanoë en 2001, qui le critique aujourd'hui car "il nous dérange avec ses travaux incessants", qui a largement de quoi vivre tout en se plaignant beaucoup, est bobo. Ah oui ! Il y a encore un petit plus qui fait qu'une personne est bobo. Si cette personne, de retour de vacances, vous dit : "Savez-vous où j'étais cet été ? Mais à Saint-Pét, bien sûr!" Saint-Pèt ? Vous connaissez-vous, Saint-Pèt ?! Moi, ce n'était pas le cas. Je ne dois donc pas être complètement bobo. Saint-Pèt, c'est Saint-Pétersbourg, où une de mes amies est allée pour prendre des cours de russe. C'est sûr, elle, elle est totalement bobo !

08 août 2006

La robe de Gualipette

Je n'ai pas beaucoup écrit depuis que j'ai repris le travail le 25 juillet. Non pas parce que je n'en avais pas envie, tout simplement parce que je n'ai pas arrêté ! A droite, à gauche, au ciné, au cirque, les amis, et puis le travail quand même reparti sur les chapeaux de roue.
Ce soir, je fais une pause. Je me retrouve chez moi, tranquille, à ne rien faire d'important sinon écrire sur ce blog. Je suis content, ça aurait pu être pire comme regarder la télévision. Mais, heureusement, depuis février 1998, j'ai rendu - un peu dans le sens de vomir, cet outil technologique sans grand intêret. La vie passe par autre chose, c'est sûr.
Avant de rentrer chez moi, je suis allé acheter une charmante robe. Pas pour moi, non, pour la fille d'une nièce qui vit en Guyane ! Je les vois samedi à La Rochelle à l'occasion du baptême républicain de la petite prénommée durant neuf mois "Galipette". Après l'accouchement, curieusement, les parents ont changé ce prénom. Ah ! Ce goût pour la norme...
Donc, naguère comme pour la grande soeur, j'assisterai samedi à un baptême républicain. Je ne sais pas trop à quoi ça sert à part remplir une salle de mairie pendant dix minutes et écouter plus ou moins distraitement le discours d'un adjoint au maire. En tout cas c'est l'occasion d'une réunion de famille, et d'un bon repas, ce qui est l'essentiel.
Pour rentrer, j'ai pris le bus 86 qui passe place de la Bastille. Il y avait une manifestation pro-libanaise ou anti-israélienne, je ne sais pas trop bien. Quelques dizaines de personnes, surveillées par des policiers impassibles, brandissaient des drapeaux libanais et diffusaient de la musique orientale. C'est en tout cas le sentiment que j'ai eu ; le bus est passé trop vite.
Auparavant, rue du faubourg Saint-Antoine, j'ai vu une chose curieuse, une chose que je n'avais jamais vue avant : des tongues à talons hauts. De toute cette journée, je me demande si ce n'est pas ça la le plus extraordinaire, une femme juchée sur des tongues à talons hauts !

04 août 2006

Solidaire avec les vers

J'ai un collègue altermondialiste dont le passe-temps favori est d'envoyer, à moi et à beaucoup d'autres, des courriels explicatifs sur la meilleure façon de produire soi-même sa lessive, son dentifrice, son shampoing, sa crème de beauté... pour apprendre "à se libérer des grandes compagnies capitalistes mondiales oppressives" ; ou des courriels appelant à dénoncer l'invasion israélienne du Liban, le scandale de la Françafrique, ou je ne sais quelle autre vilenie antisociale émanant du pouvoir occulte des riches et patati et patata. Et voici que je découvre une véritable infamie, dont lui et ses alter ego ne parlent jamais : l'horrible sort des vers de terre ! A l'instar de l'auteur de cette affiche découverte du côté du Panthéon, je crie : "Libérez les vers de terre !"

01 août 2006

La vrille et la vie

Quand un de mes oncles maternels est parti à la retraite, il s'est mis à écrire. D'abord deux essais, puis un roman, tous trois publiés.
J'aime beaucoup cet oncle.
Lorsque nous nous retrouvons à Paris pour dîner, nous nous lançons souvent dans des débats politiques passionnants, où son esprit insoumis au discours ambiant apporte toujours un éclairage opportun.
Dans son livre Les Mouettes, un chapitre intitulé "La vrille et la vie" démontre assez bien sa façon de voir. Pour lui, se soumettre au réflexe premier pour résoudre un problème est souvent "sources d'opinions erronées et de décisions désatreuses", car "les décisions a priori évidentes ne sont pas toujours les meilleures et les plus efficaces".
Si vous désirez découvrir la pensée et les livres de Raoul Rouot, rendez-vous sur son site en cliquant sur le titre de cette chronique : La vrille et la vie.

30 juillet 2006

Les funambules

Je suis encore sous le coup d'une émotion positive. Hier soir, je suis allé à la Villette voir Toto Lacaille, le spectacle de la 17ème promotion de l'Ecole nationale supérieure des arts du cirque. Huit élèves, épaulés par deux musiciens talentueux, entrainent le public sur un fil, une main, une jument, dans les airs, avec un humour toujours présent et vibrant.
L'intérêt du spectacle réside aussi dans l'union réussie des membres du groupe. Les numéros ne se succèdent pas, ils s'imbriquent, se complètent, se donnent la parole. Réussir une communion est toujours ce qu'il y a de plus difficile. Ici, le pari est gagné.
Pierre, le funambule, est celui qui m'a le plus impressionné, sans doute parce qu'il semble pouvoir tout faire : marcher sur un fil, chanter, jouer d'un instrument, manier différentes formes d'humour qu'elle soit orale, gestuelle ou vestimentaire. Celui-là, il promet !
Le cirque, dit-on, est un art vivant où il est impossible de tricher. La preuve en a été encore une fois donnée hier soir.

25 juillet 2006

Slogan

J'aime lire les slogans sur les murs dont on ne sait par qui ils sont écrits. Ce soir, en revenant de mon travail - c'était jour de reprise après trois semaines de vacances, j'en ai croisé un charmant et révolutionnaire dans une rue de Paris : Mur vide, peuple muet. Qui donc est l'auteur de ce tag ? Pourquoi a-t-il été écrit ici et maintenant ? C'est toute la magie du slogan. On ne sait rien de lui ou si peu. Le slogan est peut-être la pensée des murs.

24 juillet 2006

SNCF tiersmondisée

Encore ? Oui, encore, puisqu'une nouvelle fois mon voyage en train sur la ligne Granville-Paris s'est soldé par un retard de deux heures. La cause était due ce coup-ci à une rame immobilisée devant nous pour une raison inconnue. Toujours le souci d'explication de la SNCF, n'est-ce pas ! Je pourrais être en colère comme je l'ai si souvent été depuis des années. En colère contre la dégradation du transport ferroviaire. En colère contre le "je m'en foutisme" des agents de la SNCF. En colère contre le service public qui se moque bien du public.
Je me souviens que, quand j'étais étudiant, les trains partaient à l'heure et arrivaient de même. Aujourd'hui, comme si nous étions dans un pays "en voie de développement", il faut se dire : "Le train devrait partir vers telle heure et arrivera peut-être à telle heure. Au Viet Nam et au Laos, dans les années 1990, c'était comme ça. Chacun prenait son mal en patience puisqu' il n'y avait rien d'autre à faire. Les trains avaient une, deux, trois heures de retard. Et alors ! disait-on. C'était pareil pour les avions, pour faire réparer un appareil électrique, pour bien d'autres choses encore. En quelque sorte, la SNCF s'est tiersmondisée. Et pendant ce temps, une jeune femme se rendant à Paris pour un entretien d'embauche a appelé plusieurs fois avec son téléphone portable pour prévenir son employeur potentiel qu'elle "n'était toujours pas arrivée à Paris". Un commédien s'est inquiété pour un tournage prévu place de la Bastille avec des enfants. Un voyageur a douté d'obtenir son avion pour les Pays-Bas. Combien d'autres rendez-vous ratés ? Combien d'autres projets bousculés ? Peu importe. La SNCF s'en moque. C'est sûr. Sinon elle aurait réglé le problème depuis longtemps, non ?

16 juillet 2006

LA photo des Nuits Solaires

Je n'ai réussi qu'une photo des Nuits Solaires. Je vous la livre telle quelle en précisant qu'il s'agit d'une illumination à partir de lampes solaires. Petit à petit, ces lampes s'éclairent lorsque la nuit se fait. Avec mon amie Catherine, nous avons réfléchi longtemps et fait de multiples essais pour définir la bonne longueur de fil permettant la création de ce magnifique poisson. Tantôt il fallait allonger, tantôt il fallait raccourir le fil pour que chaque lampe se situe à bonne hauteur au-dessus de l'eau. Hélas, cette photo ne rend pas bien compte de l'effet réel que produit cette mise en scène. J'espère que cela donnera néanmoins l'envie d'aller voir de plus près ce qui se passe cet été au bord de l'Indrois.

Photos de la Folle Visite




15 juillet 2006

Nuits Solaires et Folle Visite à Montrésor

Me voici depuis trois jours à Montrésor, situé à soixante kilomètres au sud-est de Tours, reconnu comme l'un des plus beaux villages de France. J'y poursuis mes vacances après mon sympathique séjour à Amsterdam. Deux amies très chères, impliquées dans la vie culturelle locale, y habitent. Cette fois, elles préparent les Nuits Solaires, animation musicale et lumineuse sur les bords de l'Indrois qui se déroulera tous les vendredis et samedis de l'été. Je profite de ma présence pour les aider à préparer la première, qui aura lieu ce soir. En attendant, je m'accorde une pause pour assister du premier étage de la maison d'une de mes amies à une représentation de la Folle Visite. Sous un soleil de plomb, des personnages burlesques prennent possession du village, replongeant les spectateurs dans le passé à la recherche d'une improbable bête à grandes oreilles... C'est drôle et pétillant, et les gens rient de bon coeur. Pour plus de renseignements, cliquez sur le titre de cette chronique pour accéder au site Internet de l'association Montrésor se raconte.

09 juillet 2006

Une victoire française

Au lendemain de la victoire d'Amélie Mauresmo en finale du tournoi de tennis de Wimbledon, je m'attendais à voir la presse rendre un hommage appuyé à la championne française. Raté ! Que la numéro un mondiale gagne son premier Wimbledon, qu'elle remporte un tournoi du grand Chelem, quelle succède, 81 ans après ! à Suzanne Lenglen ne compte pas. Le foot est plus important. Parler d'une rencontre à venir, donc pas encore gagnée, est préférable à une victoire acquise. Ce soir, les Bleus ont intérêt à ne pas être ridicules.

08 juillet 2006

07 juillet 2006

La merde est-elle de l'art ?

Fin de mon séjour à Amsterdam. J'ai visité le musée Van Gogh, le Rijksmuseum, le Stedelijk Museum, la maison d'Anne Frank, la maison de Rembrandt... Le Stedelijk Museum, qui présente le design et l'art contemporains, est un endroit à éviter absolument si l'on veut conserver une once de respect pour l'art moderne. Il est vrai qu'après avoir admiré des tableaux de Vermeer ou de Rembrandt, la comparaison est brutale. Voir un film présentant une femme plonger les mains dans ce qui semble être de la merde humaine et en recouvrir le corps d'un homme tout en tenant des propos pseudo intellectuels est assez éloigné de ce que je considère être de l'art. Sans doute, n'ai-je pas encore atteint le niveau suffisant de conscience artistique pour apprécier... De même, considérer comme de l'art une bassine posée sur une autre bassine, j'avoue que je ne suis pas convaincu. Bref, préférez le musée Van Gogh au Stedelijk Museum, vous ferez une économie de 9 euros, et vous n'aurez pas le sentiment d'être pris pour un con.

06 juillet 2006

Nuit nipponne

J'ai dit que je reparlerais de l'hôtel My Home. Le moment est arrivé. Pour ma seconde nuit, quand je suis rentré à l'hôtel, personne n'était encore dans la chambre. La veille, j'avais partagé le dortoir avec quatre étudiants, dont un Norvégien très sympathique. Hélas, il repartait, ainsi qu'un autre, dès le lendemain matin. Je savais donc que deux nouveaux arrivants allaient intégrer la chambre.
Surprise quand je suis rentré de mes pérégrinations touristiques et que j'ai découvert mon lit. Il était recouvert d'une trousse de toilette, d'une serviette de bain et de t-shirts ne m'appartenant pas. J'ai commencé à pester contre ces colocataires inconnus qui en prennaient à leur aise. J'ai retiré les objets encombrants et les ai déposés sur un autre lit. Puis je suis allé prendre une douche. A mon retour, personne n'étant arrivé, je me suis couché.
Alors que je commençais à sombrer dans le sommeil, j'ai entendu une clef fourrager dans la serrure et j'ai vu la porte s'ouvrir. Je m'attendais à tout mais pas à ça. Dans l'encadrement de la porte sont apparues deux jeunes Japonaises fagotées comme dans le plus caricatural des films nippons. Mini jupe jaune ultra moulante, petit gilet noir bordé de rouge et, bien sûr, les inévitables soquettes blanches.
Au moment où elles m'ont aperçu, les Japonaises ont réagi comme des Japonaises. Elles ont couvert leur bouche de leurs mains jointes et ont poussé d'interminables lamentations montant petit à petit vers les aigus.
J'avoue avoir été aussi surpris qu'elles.
La plus âgée parlant un peu anglais, je lui ai expliqué que j'occupais la chambre depuis la veille et que j'y serais encore la nuit suivante. Les Japonaises ne comprennaient pas ce qui se passait. Elles avaient cru comprendre que la chambre serait pour elles toutes seules. Voilà pourquoi elles avaient pris leur aise. Finalement, elles m'ont invité à me rendormir, et sont sorties dans le couloir pour se concerter. Au bout de quelques minutes, elles sont revenues et, lumière éteinte, se sont glissées... dans le même lit situé sous le mien. A moins d'être lesbiennes, j'imagine qu'elles pensaient pouvoir mieux se défendre contre l'éventuelle attaque nocturne d'un mâle occidental. Moi qui ne ferais de mal ni à Maïté ni à Penelope Cruz !
Cette fois, je pensais pouvoir enfin m'endormir. C'était sans compter sur l'honneur bafoué de la Japonaise calculatrice. L'une des filles s'est relevée et m'a canardé avec son appareil photo, sans doute pour apporter la preuve de l'infamie que l'Occident faisait vivre aux filles de l'empire du Soleil levant. Et peut-être aussi pour monter un dossier de réparation de préjudice subi une fois de retour au Japon. Si une photo de moi, en slip, étendu sur un lit, leur permet de toucher quelques subsides, après tout !
Une fois ma Japonaise recouchée, l'affaire aurait dû en rester là. Eh bien ! Non. C'était sans compter sans les deux autres occupants de la chambre qui ont fini par rentrer. Lumière, éclats de voix, étonnement, incompréhension, nouvelles lamentations montant vers les aigus, les Japonaises ont dû faire face à une nouvelle invasion. Vous me croirez ou non, mais cette fois, les Japonaises ont refusé d'éteindre leur lampe de chevet de toute la nuit. La crainte d'un viol collectif sans doute...

05 juillet 2006

Homomonument

Non loin de la maison où a vécu Anne Frank se dresse l'Homomonument. Amsterdam est l'une des rares villes au monde à en avoir érigé un. Tous les homosexuel(le)s de passage s'y rendent pour une photo souvenir. Voici le texte, rédigé en néerlandais, en anglais et en français, visible sur la plaque : "Commémore toutes les femmes et les hommes qui jamais ont été tirannisés et persécutés à cause de leur homosexualité. Appuie le mouvement lesbien et homosexuel à la lutte contre le mépris, la discrimination et le persécution. Manifeste que tu n'es pas seul(e). Fais appel à une vigilance permanente. Le passé, le présent et l'avenir sont représentés par les 3 triangles sur cette place, projetée par Karin Daan, 1987." La traduction française n'est pas, on le voit, très rigoureuse. Peu importe. L'intention est là, et c'est ce qui compte. Reconnaître l'autre dans sa différence, notamment sexuelle, est suffisamment rare pour s'arrêter à des détails de ce genre. Si l'Homomonument permet de faire un peu réfléchir sur les persécutions des homos, et plus globalement sur la diversité humaine, ce serait une belle réussite. Espérons que les homos ne sont pas les seuls à s'arrêter sur le bord du Keizersgracht !

Les vélos d'Amsterdam

Des vélos par centaines. Des vélos par milliers. C'est d'abord cette image qui saisit l'étranger arrivant à Amsterdam. A la sortie de Centraal Station, un parking en abrite sur plusieurs étages. En me promenant dans les rues, j'en croise des grappes entières. Les vélos sont ici et là, devant, derrière, partout. Pour le piéton, le danger est perpétuel. Surtout pour celui qui ignore les codes et rites de la ville. Il faut apprendre à toujours être sur ses gardes. Au bout d'un moment, on croit s'être habitué. On se sent prêt à toute éventualité. Et voici qu'un vélo monté par un vieux, une femme, un enfant vous surprend quand même. Heureusement tout cycliste sait manier la sonnette avec dextérité. La sonnette est l'ange gardien du piéton. Si elle n'existait pas, le nombre de tués à Amsterdam dépasserait le nombre de morts sur les routes françaises dans les années 1970. Les accidents ne concernent pas seulement les piétons. J'ai été le témoin de deux chutes brutales. D'abord une femme et un enfant, ensuite un homme âgé d'une trentaine d'années. Comme on dit dans ces cas-là, il y a eu plus de peur que de mal. Les gens n'ont plus n'ont rien eu...
Au cours de mes déambulations, j'ai été frappé par les différentes sortes de vélos circulant à Amsterdam. La plupart, traditionnels, font pâle figure comparés à d'autres personnalisés de façon si originale par leur proprétaire. J'en ai vu un recouvert de fourrure jaune à longs poils, un autre incrusté de flèches en métal, un troisième transformé en véritable cirque ambulant. Ce vélo transportait outre son propriétaire un cochon, une poule, un lapin et encore d'autres animaux que je n'ai pas réussi à identifier. Tous en peluche bien sûr !

04 juillet 2006

Hôtel My Home

Se loger coûte très cher à Amsterdam. Or je trouve stupide de mettre 150 ou 180 euros dans une nuit d'hôtel. Grâce au Guide Vert, je découvre l'hôtel My Home, situé au 82 Haarlemmerstraat, près de la gare, qui loue des chambres à 30 euros la nuit. Attention ! Il ne s'agit pas véritablement d'un hôtel. L'hôtel My Home, plus proche d'une auberge de jeunesse, propose des dortoirs de 3, 4 ou 5 lits, que les jeunes étrangers désargentés fréquentent. Si le confort est modeste, les chambres et les douches sont propres. Mais si vous tenez à garantir votre intimité, allez ailleurs ! (J'y reviendrai). En tout cas, à l'hôtel My Home, on rencontre des gens de tous les coins du monde, et c'est bien sympathique.

Malaise à Château d'Eau

Aujourd'hui, je pars pour Amsterdam. Je vais enfin découvrir cette ville dont on m'a tant parlé. Pourtant je crains un moment que le voyage ne se fasse pas. En route pour Gare du Nord, à la station de métro Château d'Eau, un homme frappe à la vitre du conducteur pour l'avertir qu'une personne a fait un malaise. Nous restons arrêtés plusieurs minutes. Dans ces cas-là, on hésite toujours sur la décision à prendre. Attendre en espérant que le métro reparte à temps pour attraper son train ou quitter le métro pour rejoindre la gare à pied. J'ai opté pour la première solution. Le métro est reparti, et j'ai eu mon train pour Amsterdam. Il s'en est fallu de deux minutes.

03 juillet 2006

Train en pièces

1er juillet. Les tarifs de certains services publics augmentent comme tous les ans à pareille époque. C'est le cas à la SNCF. Cette fois, le titre de transport que j'achète pour la petite ville de Normandie où je me rends pour le week end se gonfle de 50 centimes d'euros. La hausse est somme toute raisonnable.
Un panneau électronique affiche le numéro de quai de mon train. Je monte dans la première rame, où la chaleur est étouffante. Je peste contre le conducteur qui n'a pas fait son boulot. En fait, je me trompe. A quelques minutes du départ, un contrôleur, une femme, nous demande de changer de rame à cause d'une panne du système de climatisation. "Les voyageurs sont sous ma responsabilité, nous dit-elle, je ne veux pas que quelqu'un fasse un malaise".
L'intention, louable, est surprenante.
Dans le passé, j'ai voyagé plusieurs fois dans des compartiments surchauffés sans que l'inconfort de la clientelle ne gêne le moins du monde les agents du service public. Une révolution serait-elle en marche à la SNCF ? Je n'ose y croire. Si les 50 centimes d'euros d'augmentation ont permis ce miracle - on serait bien alors dans l'ordre du miracle ! je suis prêt à aller allumer un cierge à l'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet (Ce n'est pas par conviction intégriste, c'est seulement que je passe régulièrement devant cet édifice). Mais ne soyons pas cul béni et regardons plutôt les choses en face. Voyager par le train coûte de plus en plus cher et les trains régionaux ne fonctionnent toujours pas correctement. Conclusion : il n'y a rien de changé sous le soleil, et je me suis fait arnaqué, comme chaque année, de quelques euros supplémentaires !