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08 juillet 2007

Solidarité et combativité

Comme chaque année en juillet, le Festival Solidays rassemble sur l'hippodrome de Longchamp (ouest de Paris) des milliers de jeunes (et moins jeunes !) venus écouter de la musique et soutenir la lutte contre le sida.
Pendant trois jours, 200 artistes et plus d'une centaine d'associations venues de France et de l'étranger font ainsi la fête, discutent et militent pour faire passer des messages de solidarité et de combativité.
J'étais hier aux Solidays. J'ai cru dans un premier temps que la foule était moins nombreuse que l'année dernière ; et puis au fil du temps, j'ai vu arriver des centaines de personnes dans un flux ininterrompu.
"Les soeurs sont en colère"

Je suis arrivé au moment où les Soeurs de la Perpétuelle Indulgence - Couvent de Paname célébraient leur messe traditionnelle, spectacle destiné à récolter de l'argent afin de financer des périodes de ressourcement pour les personnes séropositives et leurs proches. La photo ci-contre montre Soeur Ursita Pinage Passif dénonçant l'absence de politiques de prévention concrètes dans les écoles et "un président qui défend les homos à Moscou mais qui accueille dans son gouvernement une homophobe reconnue en la personne de Christine Boutin."

Etranges personnages

En se promenant dans le village associatif, on croise de drôles de personnages dont on ne sait s'ils sont le produit d'un rêve éveillé où d'un coup de soleil particulièrement féroce.






Et puis il y a le géant cool, très cool, très très cool... ;-)

01 juillet 2007

Marche des Fiertés LGBT

Cette fois, je n'ai pas assisté à l'intégralité de la Marche des Fiertés parisienne comme j'ai pris l'habitude de le faire depuis une dizaine d'années. Je suis passé vers 15 h à Montparnasse, lieu de départ de la Marche, et j'ai remonté le cortège jusqu'au boulevard Saint-Michel. Arrivé à l'angle du boulevard Saint-Germain, après avoir pris quelques photos, je me suis éclipsé. Je n'ai pas trouvé l'ambiance aussi festive que lors des éditions précédentes, un peu comme si ce type d'événement était arrivé au bout de ce qu'il pouvait apporter. Je me suis même demandé si 2008 ne devrait pas inaugurer une nouvelle forme de militantisme genre création d'un festival de musique pour les droits LGBT. Mais on me rétorquera, sans doute avec raison, que des festivals existent déjà et qu'ils sont rattachés à des évévements forts. C'est le cas du festival Solidays, qui se déroulera le week end prochain. Alors autre chose, mais quoi ?! Cela demande réflexion. Si vous avez des idées, n'hésitez pas à laisser des commentaires.





La capote géante de Sida Info Service







Les positions anti mariage homo s'affichent boulevard Saint-Michel





Vers 17 h, je suis revenu, et j'ai croisé les militants d'Act Up.



"Séropos, au boulot !"






Voilà. Cette Marche ne restera pas pour moi un grand cru. Elle m'aura juste donné l'occasion de rencontrer la délégation de Centr'Egaux, proche du MoDem, qui "milite pour l'égalité des droits entre les citoyens hétérosexuels et homosexuels, lutte contre l'homophobie et toutes les formes de discriminations dont sont victimes les personnes LGBT". J'ai demandé à l'un des marcheurs s'il avait reçu sa carte du MoDem. Il m'a dit que non. Comme moi, il est dans l'attente.

22 juin 2007

J'avais besoin de faire une pause

Le 12 juin dernier, je suis arrivé au travail en traînant les pieds. Depuis quelques jours, je ne me sentais pas très bien, et imaginer vivre une nouvelle journée sans passion ni perspectives intéressantes me minait encore plus. J'ai alors décidé de réagir en cherchant sur Internet une destination pour me changer les idées le temps d'un ouikend prolongé. Finalement j'ai choisi de partir quatre jours dans le sud, à Toulouse et Carcassonne. J'ai acheté un aller-retour sur Air France, et je suis parti samedi 16 juin pour la ville rose. Ca tombait bien, c'était jour de Gay Pride, ou Marche des Fiertés comme on dit maintenant.






Plus tard, j'ai pris un train pour Carcassonne. Je suis content d'avoir découvert cette cité médiévale même si je la trouve trop courtisée par le système de l'attrape-touriste. Cela nuit à l'intérêt du séjour. Mai que voulez-vous, lorsqu'une ville dispose d'un lieu aussi beau, on comprend que le commerce cherche à se développer.




Enfin, je suis allé encore plus loin vers le sud sur les recommandations d'un ami, à Collioure dont j'avais vaguement entendu parler mais que je ne connaissais absolument pas. Collioure, comment dire, c'est un bijou ! J'ai été époustouflé par ce petit port dominé par le château royal, par ce jardin d'oliviers et ce retable de l'église Notre-Dame-des-Anges. J'ai passé à Collioure un moment formidable, un moment qui m'a redonné le goût d'avancer.

27 mai 2007

Homophobie en Russie

27 homosexuels qui tentaient de remettre une pétition en faveur de l'organisation d'une Gay Pride au maire de Moscou Iouri Loujkov ont été arrétés aujourd'hui par la police russe. Des ultra-orthodoxes et des nationalistes ont frappé les militants et des députés étrangers dont l'Allemand Volker Beck, déjà roué de coups en mai 2006. La police a pris tout son temps pour intervenir. Si l'homosexualité n'est plus un délit réprimé par la loi en Russie depuis 1993, l'homophobie est toujours très présente dans la population. En janvier dernier, le maire de Moscou avait qualifié la Gay Pride d'"oeuvre de Satan" !

Le respect des droits des minorités, y compris des minorités sexuelles, démontre l'état d'avancement d'une démocratie. Lorsque Garry Kasparov, ancien champion du monde d'échecs, devenu le coordinateur d'un mouvement d'opposition à Vladimir Poutine affirme que la Russie n'est plus une démocratie, je ne peux que l'approuver.

17 mai 2007

Un an de blog

J'ai créé ce blog il y a un an tout juste, un 17 mai, Journée mondiale de lutte contre l'homophobie. La différence sexuelle aurait pu être le seul sujet de mes chroniques tant cette question suscite de l'incompréhension et souvent de l'exclusion. Les jeunes en sont les premières victimes puisqu'un jeune gay ou une jeune lesbienne a de 13 à 16 fois plus de risques de se suicider qu'un jeune hétérosexuel.
J'aurais pu aussi ne parler que du sida, ou de l'homosexualité et du sida, puisque ces deux sujets sont si étroitement liés.
En fait, je n'arrive pas à me tenir à un seul thème car je suis curieux de tout, ou presque : la politique, l'histoire, la photo, la littérature...
Voilà pourquoi ce blog est plus un fourre-tout qu'un objet thématique, ce qui pourrait déplaire à certains ou en tout cas les désorienter. Eh bien, tant pis ! Au moins ce blog me ressemble, et je sais ô combien qu'il est difficile d'être soi-même...

01 décembre 2006

Le Jardin des Dessins

En présence de Pierre Bergé, Line Renaud et l'artiste Fabrice Hyber



Jacques Chirac a inauguré ce matin l'Artère, le Jardin des Dessins, une oeuvre de Fabrice Hyber au Parc de la Villette. Sur 1 000 mètres carrés, l'artiste a réalisé des dessins à l'aide de 10 000 carreaux de céramique afin de rendre hommage à la lutte contre le sida. L'oeuvre retrace "différents moments de la maladie : les peurs qu'elle a engendrées, l'inconnu contre lequel il a fallu se battre, les ressources trouvées".
La présence du président de la République à cette inauguration était réconfortante même si elle ne dissimule pas les inquiétudes légitimes que l'on peut avoir à l'égard des manquements de l'Etat vis-à-vis des malades. Quelques militants d'Act Up ont heureusement rappelé quelques vérités sur ce sujet.
Ah ! Les militants. Heureusement qu'ils sont là pour poursuivre le combat désormais largement ignoré par les médias. J'ai été frappé par l'absence de mobilisation de la presse, des radios et des télévisions ces derniers jours alors que l'épidémie progresse plus que jamais, en France et dans le monde. Mais il est plus intéressant de faire le beau sur un plateau avec Sarkozy durant trois heures - un candidat à la présidentielle dont on sait qu'il est candidat depuis bientôt cinq ans, ou de se pâmer devant la Blanche Colombe, que de parler du sida chez les homos, les migrants ou les femmes. Un articulet ou un 45 secondes le 1er décembre, et vite on passe au prochain bon mot de Sarko sur Royal. Pathétique. Ou plutôt criminel.

21 novembre 2006

Place des Mythos

Place des Mythos, c’est une pièce de théâtre sur la rumeur et l’homophobie. Je l’ai vue hier soir et j’en suis ressorti fou de bonheur car c'est un spectacle de très grande qualité. Sur scène, une quinzaine de jeunes, garçons et filles. Voici ce qu'ils disent de leur travail :

"Nous le disons dans un spectacle qui fait partie d’un projet culturel qui existe depuis dix ans, qui a mis en place des ateliers artistiques : théâtre, danse hip-hop, musique, chant, percussions... que remplissent les jeunes des quartiers dits « sensibles ». Depuis dix ans, nous montons des comédies musicales sur des sujets qui ont une résonnance dans notre vécu, dans celui de nos potes et même de nos parents : les violences sous toutes leurs formes : sociales, familiales, culturelles ou religieuses.

Sur le plateau il y a : des Noirs, des Blancs, des Arabes, des gars, des filles, des handicapés, des valides, des musulmans, des chrétiens, des juifs... des Français, quoi. Un auteur, un chorégraphe, un compositeur travaillent pour nous et avec nous. Les institutions, tant bien que mal, nous soutiennent : la préfecture de l’Essonne, le FASILD, le ministère de la Justice, la DRAC Ile-de-France, le conseil général de l’Essonne et notre plus fidèle partenaire : la ville de Ris-Orangis. (Ce n’est pas rien tout ça).

Cette année, nous avons choisi de parler de ce qui nous pourrit la vie : la rumeur et l’homophobie.

Venez nous voir et on pourra vous expliquer pourquoi l’éducation vaut mieux que la répression ; que cette pauvre action culturelle à deux balles a détourné des centaines d’entre nous du « mauvais choix », a modifié nos comportements ou simplement sauvé certains d’entre nous d’une histoire familiale abrutissante. N’ayez pas peur, venez, en plus c'est à Paris (et nous on en rêvait !), voir par vous-même ; c’est bien mieux que la télé."

Place des Mythos a été jouée dimanche et lundi. Une prochaine représentation devrait avoir lieu le 13 janvier 2007. J'espère qu'il y en aura beaucoup d'autres ! Pour se renseigner, il suffit d'appeler l'un de ces numéros : 01 69 02 13 27 ou 01 69 02 13 29.

10 novembre 2006

Les gays du stade

Les idéologues déistes ont encore frappé, cette fois à Jérusalem, où la Gay Pride prévue ce vendredi a été interdite. Le Vatican, supplétif des intégristes locaux, avait appelé hier à l'annulation de la manifestation afin de ne pas heurter « les sentiments de millions de croyants juifs, musulmans et chrétiens ». A la place du défilé dans les rues de la ville, les gays israéliens ont dû se contenter d'un rassemblement dans un stade. Pour ceux qui n'ont pas oublié le passé (Vel d'Hiv 1942) ou qui ont l'âge d'avoir connu certains événements (Chili 1973), le souvenir des stades est douloureux. Il rappelle que l'intolérance mène à une horreur possible, que les hommes sont toujours capables de reproduire.

05 juillet 2006

Homomonument

Non loin de la maison où a vécu Anne Frank se dresse l'Homomonument. Amsterdam est l'une des rares villes au monde à en avoir érigé un. Tous les homosexuel(le)s de passage s'y rendent pour une photo souvenir. Voici le texte, rédigé en néerlandais, en anglais et en français, visible sur la plaque : "Commémore toutes les femmes et les hommes qui jamais ont été tirannisés et persécutés à cause de leur homosexualité. Appuie le mouvement lesbien et homosexuel à la lutte contre le mépris, la discrimination et le persécution. Manifeste que tu n'es pas seul(e). Fais appel à une vigilance permanente. Le passé, le présent et l'avenir sont représentés par les 3 triangles sur cette place, projetée par Karin Daan, 1987." La traduction française n'est pas, on le voit, très rigoureuse. Peu importe. L'intention est là, et c'est ce qui compte. Reconnaître l'autre dans sa différence, notamment sexuelle, est suffisamment rare pour s'arrêter à des détails de ce genre. Si l'Homomonument permet de faire un peu réfléchir sur les persécutions des homos, et plus globalement sur la diversité humaine, ce serait une belle réussite. Espérons que les homos ne sont pas les seuls à s'arrêter sur le bord du Keizersgracht !

24 juin 2006

Fierté homo et ballon rond

Vous penserez peut-être que je suis plutôt tordu de faire un parallèle entre la Coupe du monde de football et la Marche des Fiertés homosexuelles qui s'est déroulée aujourd'hui à Paris. J'assume ma folie, j'ai l'habitude !
Et je m'explique.
Hier, avant la rencontre France-Togo, j'ai entendu dans les médias et en prêtant l'oreille ici et là des propos désobligeants à l'égard des joueurs africains. "C'est une petite équipe ; de toute manière, ils sont déjà éliminés ; on ne va en faire qu'une bouchée..." Les Français voulaient "tuer" l'équipe du Togo pour accéder au tour prochain. Il est vrai que c'est le lot habituel de toute compétition : "tuer" l'autre jusqu'à ce qu'il n'en reste qu'un. Le vainqueur trône sur un monceau de victimes symboliques. Assez pitoyable, non ?!
A l'opposé, la Marche des Fiertés homosexuelles, très critiquée par les "biens pensants", parle de respect, d'égalité et de dignité. Elle n'oppose pas, elle rassemble. Il suffit d'aller à la Marche pour constater que les 600 à 800 000 participants ne sont pas tous homosexuels. Les familles hétérotes s'y précipitent, souvent avec enfants, pour participer à ce qui est une fête. Les hétéros croisent les homos et, souvent, on ne sait plus qui est l'un et qui est l'autre. En effet, parfois sans le savoir, les hétéros ont adopté la façon de s'habiller des homos, de s'arranger les cheveux, de prendre soin d'eux. Allons ! Je m'arrête car je risquerais de tomber dans les clichés...
Il n'en demeure pas moins que la Marche des Fiertés n'exclut pas contrairement à la Coupe du monde de football. Cette thèse me plaît beaucoup. Et les fouteux comme les braves gens de tout poil devraient sagement y réfléchir.